Peut-on encore représenter l’Amazonie sans la figer dans des clichés ?
C’est la question centrale que pose Amazonia, l’exposition actuellement présentée au musée du Quai Branly à Paris. Entre collections historiques et œuvres contemporaines, le parcours propose une vision plurielle de l’Amazonie, racontée depuis des points de vue autochtones. Une exposition dense, parfois déroutante, mais qui ne laisse clairement pas indifférent.





Un parcours foisonnant, à explorer librement
Dès l’entrée, l’exposition impressionne par son ampleur. Longue, riche et très dense, Amazonia rassemble une grande variété d’objets : pièces anciennes, créations contemporaines, photographies, installations. L’ensemble peut parfois donner l’impression d’un bric-à-brac, mais cette abondance fait aussi partie de l’expérience.
Ici, la visite ne se veut pas linéaire. On n’adhère pas à tout, on ne s’attarde pas sur chaque cartel, mais on avance comme lors d’une promenade. On observe, on sélectionne, on retient ce qui résonne avec notre propre sensibilité. Une liberté de lecture qui rend l’exposition accessible, mais aussi profondément subjective.
Une scénographie immersive et marquante
Le début du parcours s’impose comme l’un des moments les plus réussis de l’exposition. Les coiffes, les objets minutieusement fabriqués, la richesse des matières et des formes captivent immédiatement. La scénographie, particulièrement soignée, joue un rôle essentiel : elle enveloppe le visiteur dans une atmosphère presque sensorielle.
Entre évocations de la forêt et des rivières, le décor invite à déambuler d’espace en espace, créant un lien fort entre les œuvres et leur environnement. Cette immersion visuelle et spatiale permet de ressentir, plus que de simplement observer.






Un dialogue parfois fragile entre art contemporain et collections historiques
Si l’ambition curatoriale est claire, le dialogue entre œuvres contemporaines et collections historiques ne convainc pas toujours. Certaines œuvres contemporaines semblent rompre le fil du parcours et peuvent désorienter le visiteur. Certaines photographies ou installations divisent, et toutes ne trouvent pas leur place avec la même évidence.
Mais cette friction fait aussi partie du propos. Amazonia ne cherche pas l’unanimité. Elle prend le risque de confronter des regards, d’introduire des ruptures, quitte à provoquer des réactions contrastées: fascination, incompréhension, parfois même pour nous rejet.

Une expérience imparfaite mais nécessaire
Amazonia est une exposition qui surprend, qui divise, qui dérange parfois. On y trouve des moments forts, d’autres plus faibles, mais elle oblige à se positionner. Et c’est précisément ce qui fait sa force.
Imparfaite, mais nécessaire, Amazonia ne cherche pas à séduire à tout prix. Elle invite à questionner, à remettre en cause nos représentations et à accepter la complexité. Une exposition qui, qu’on l’aime ou non, ne laisse pas indifférent.
Et vous, quel a été votre ressenti face à l’exposition ?





Crédits de toutes les photos: Flavie de Puybaudet
Informations pratiques
Amazonia
au Musée du Quai Branly – Paris
Jusqu’au 18 janvier 2026
Gratuit pour les moins de 26 ans

