Mais alors… quel est mon véritable avis sur l’exposition Minimal à la Bourse de Commerce ?
J’ai adoré. Vraiment. Et en grande partie grâce au regard et à la vision de Jessica Morgan, la commissaire d’exposition.
Si tu ne connais ni le lieu ni l’exposition, imagine un espace immense, presque un ovni de l’architecture avec le mur de Tadao Ando, qui te pousse forcement à ralentir. Et l’exposition est superbe pour ça.
On est loin du minimal froid ou élitiste qu’on imagine parfois. Ici, le minimal est multiple, sensible, presque généreux.
Certaines œuvres t’attrapent immédiatement, d’autres demandent plus de temps ou même d’accepter que ces oeuvres n’auront pas ton énergie aujourd’hui. Mes artistes coup de coeur de l’expo: Lygia Pape, Meg Webster, Agnes Martin, Eva Hesse et Félix González-Torres! Prenons les bases ?
Cette expo part d’un mouvement: LE MINIMALISTE. C’est quoi ? Le mouvement minimaliste est souvent résumé à des formes simples, des couleurs neutres, quelque chose de froid ou de silencieux. C’est comme d’habitude dans l’histoire de l’art un mouvement assez fermé où de nombreux hommes blancs en sont les stars.
À la Bourse de Commerce, l’exposition Minimal montre à quel point ce mouvement est + riche et multiple que les artistes qui compose le mouvement minimaliste. Ici, le minimal n’est pas figé dans une esthétique unique. Il dialogue avec la lumière, l’espace, le corps du visiteur.
Grâce au commissariat de Jessica Morgan, l’exposition élargit le regard porté sur le minimalisme. On y découvre une diversité de voix, de sensibilités et surtout une place importante accordée aux artistes femmes, trop souvent absentes de ces grands récits.
Cette approche rend le parcours plus vivant, plus juste, et tellement plus intéressant. Et vous, le minimal, ça vous touche ? (Et oui il n’y a pas 8 détails mais 12 mais j’ai essayé de rester minimal dans mon titre 🫶🏻)
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Crédits de toutes les photos: Flavie de Puybaudet
Informations pratiques
Minimal à la Bourse de Commerce Jusqu’au 19 janvier 2026 Gratuit pour les moins de 26 ans après 16h
Peut-on encore représenter l’Amazonie sans la figer dans des clichés ?
C’est la question centrale que pose Amazonia, l’exposition actuellement présentée au musée du Quai Branly à Paris. Entre collections historiques et œuvres contemporaines, le parcours propose une vision plurielle de l’Amazonie, racontée depuis des points de vue autochtones. Une exposition dense, parfois déroutante, mais qui ne laisse clairement pas indifférent.
Un parcours foisonnant, à explorer librement
Dès l’entrée, l’exposition impressionne par son ampleur. Longue, riche et très dense, Amazonia rassemble une grande variété d’objets : pièces anciennes, créations contemporaines, photographies, installations. L’ensemble peut parfois donner l’impression d’un bric-à-brac, mais cette abondance fait aussi partie de l’expérience.
Ici, la visite ne se veut pas linéaire. On n’adhère pas à tout, on ne s’attarde pas sur chaque cartel, mais on avance comme lors d’une promenade. On observe, on sélectionne, on retient ce qui résonne avec notre propre sensibilité. Une liberté de lecture qui rend l’exposition accessible, mais aussi profondément subjective.
Une scénographie immersive et marquante
Le début du parcours s’impose comme l’un des moments les plus réussis de l’exposition. Les coiffes, les objets minutieusement fabriqués, la richesse des matières et des formes captivent immédiatement. La scénographie, particulièrement soignée, joue un rôle essentiel : elle enveloppe le visiteur dans une atmosphère presque sensorielle.
Entre évocations de la forêt et des rivières, le décor invite à déambuler d’espace en espace, créant un lien fort entre les œuvres et leur environnement. Cette immersion visuelle et spatiale permet de ressentir, plus que de simplement observer.
Un dialogue parfois fragile entre art contemporain et collections historiques
Si l’ambition curatoriale est claire, le dialogue entre œuvres contemporaines et collections historiques ne convainc pas toujours. Certaines œuvres contemporaines semblent rompre le fil du parcours et peuvent désorienter le visiteur. Certaines photographies ou installations divisent, et toutes ne trouvent pas leur place avec la même évidence.
Mais cette friction fait aussi partie du propos. Amazonia ne cherche pas l’unanimité. Elle prend le risque de confronter des regards, d’introduire des ruptures, quitte à provoquer des réactions contrastées: fascination, incompréhension, parfois même pour nous rejet.
Une expérience imparfaite mais nécessaire
Amazonia est une exposition qui surprend, qui divise, qui dérange parfois. On y trouve des moments forts, d’autres plus faibles, mais elle oblige à se positionner. Et c’est précisément ce qui fait sa force.
Imparfaite, mais nécessaire, Amazonia ne cherche pas à séduire à tout prix. Elle invite à questionner, à remettre en cause nos représentations et à accepter la complexité. Une exposition qui, qu’on l’aime ou non, ne laisse pas indifférent.
Et vous, quel a été votre ressenti face à l’exposition ?
Crédits de toutes les photos: Flavie de Puybaudet
Informations pratiques
Amazonia au Musée du Quai Branly – Paris Jusqu’au 18 janvier 2026 Gratuit pour les moins de 26 ans
Cléopâtre fait partie de ces figures que l’on croit connaître avant même de les avoir vraiment rencontrées. Son nom convoque aussitôt des images bien précises : luxe, séduction, glamour, exotisme. Un imaginaire collectif saturé de clichés, nourri par le cinéma, la publicité et la culture populaire. Alors, lorsqu’une exposition lui est consacrée, la question se pose presque naturellement : s’agit-il d’un projet culturel sérieux ou d’une énième exploitation commerciale d’un mythe rentable ?
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C’est avec cette méfiance que j’ai abordé l’exposition Cléopâtre. Je l’avais déjà visitée une première fois en août, dans de mauvaises conditions. Pressée, fatiguée, peu disponible, j’en étais ressortie sans réel avis, ni véritable émotion. Cette seconde visite, faite avec la team Rencart, Malo et ma petite sœur, m’a permis de regarder l’exposition autrement, avec plus de temps, plus d’attention, et surtout plus de recul.
Et très vite, une surprise. Loin de l’exposition spectaculaire et superficielle que je redoutais, le parcours propose un regard nuancé et intelligent. Oui, Cléopâtre est une figure populaire. Oui, elle a été surexploitée. Mais ici, l’exposition ne s’arrête pas à l’image. Elle la questionne.
La première partie s’ancre volontairement dans l’histoire. À partir de sources rares mais précieuses, pièces de monnaie, papyrus, traces archéologiques, l’exposition redonne une existence tangible à Cléopâtre VII Philopator. On y découvre une femme politique avant d’être un mythe. Dernière souveraine de la dynastie ptolémaïque, elle gouverne un royaume sous tension, entre indépendance fragile et domination romaine. Fine stratège, elle mène des réformes, assure la stabilité économique et maintient la paix pendant près de vingt ans. Une cheffe d’État à part entière, loin de l’image réductrice de la reine séductrice.
Puis vient le basculement. La défaite d’Actium, le suicide de Cléopâtre, et surtout la naissance de la légende. Les auteurs romains, dans un contexte de propagande politique, façonnent une image volontairement dégradante de la reine. Femme dangereuse, étrangère, manipulatrice. Une figure qui cristallise les peurs d’un pouvoir romain profondément misogyne. Cette vision biaisée s’impose durablement et traverse les siècles.
C’est sans doute dans sa deuxième partie que l’exposition devient la plus intéressante. Là où l’on pourrait craindre une surenchère visuelle ou un excès de références pop, le propos reste maîtrisé. Le cinéma, l’art, la mode et la publicité sont convoqués non pour glorifier le mythe, mais pour montrer comment il s’est construit, transformé, déformé. De Liz Taylor aux affiches contemporaines, Cléopâtre devient un produit culturel, une image consommable, parfois vidée de sa substance historique.
Mais l’exposition ne s’arrête pas à ce constat. Elle montre aussi comment Cléopâtre a été réappropriée. Figure de résistance en Égypte, icône d’émancipation pour les mouvements féministes, symbole de puissance pour certaines luttes identitaires, elle continue d’être relue à l’aune des combats contemporains. Cléopâtre devient alors un miroir. De nos fantasmes, mais aussi de nos aspirations.
Alors, exposition trop commerciale ? La réponse n’est pas si simple. Oui, Cléopâtre est une figure populaire. Oui, son nom attire. Mais cette exposition a le mérite de ne pas s’en contenter. Elle utilise cette attractivité comme un point d’entrée, pour mieux déconstruire, contextualiser et questionner notre rapport aux figures féminines de pouvoir.
Ce que l’on retient, en sortant, ce n’est pas seulement une image, mais une réflexion. Sur l’histoire, sur la fabrication des mythes, et sur la manière dont certaines femmes continuent, encore aujourd’hui, à être réduites à des clichés.
Et c’est précisément là que réside la réussite de cette exposition. Elle ne cherche pas à résoudre le mystère de Cléopâtre. Elle nous invite à l’interroger.
Cette année, j’ai vécu une soirée absolument inattendue : dix expositions en quelques heures, au cœur de Saint-Germain-des-Prés, entre galeries confidentielles, institutions culturelles et lieux parisiens chargés d’histoire.
Une excitation pure de passer d’un univers à l’autre, d’être emportée par la diversité des regards et la poésie des images. PhotoSaintGermain, c’est exactement ce genre de moment : une déambulation où la photographie s’invite derrière chaque porte poussée, où chaque salle semble ouvrir un nouveau chapitre, où l’on se surprend à sourire simplement parce qu’on est là, au bon endroit, entourée d’art.
C’est complètement gratuit et ouvert à tous ! Ce quartier est déjà magnifique, mais ce soir-là, la photographie l’a rendu encore plus poétique, presque magique. Comme pour Arles, impossible de tout résumer. Alors je vais me concentrer sur ce que j’aime vraiment raconter : mes chocs visuels, mes obsessions immédiates, mes vraies claques.
Avant ça, remettons les choses dans leur contexte : PhotoSaintGermain, c’est quoi ?
Un parcours photographique qui, chaque année, transforme Saint-Germain-des-Prés en terrain de jeu artistique. Musées, galeries, centres culturels, librairies : tout le monde s’y met. C’est un festival avec une vraie identité, ancré dans un quartier chargé d’histoire, mais aussi un espace où la création contemporaine s’invite, chuchote, bouleverse, questionne.
On y croise des photographes émergents, des grands noms, des commissaires passionnés, des amateurs, des collectionneurs, des étudiants d’art épuisés mais heureux. Et ça parle, ça débat, ça interroge la photographie d’aujourd’hui. Bref : c’est vivant.
TOP 1 — Galerie Le MinotaureavecFlorence Henri, la géométrie sensible
Première claque de la soirée : Florence Henri. Je savais à quoi m’attendre — miroirs, reflets, avant-garde — mais rien ne m’avait préparée à cette précision presque musicale. Ses images des années 20 et 30, toutes tirées du vivant de l’artiste, ont quelque chose d’hypnotique : une rigueur folle et pourtant, paradoxalement, une douceur. Les perspectives s’entrechoquent, les lignes se répondent, le réel se déforme dans une élégance silencieuse.
On sent à chaque photo l’influence du Bauhaus… mais on sent surtout une femme qui, déjà, refusait d’être sage dans sa manière de regarder le monde. Une pionnière oubliée, puis redécouverte, qui revient aujourd’hui comme une évidence : Florence Henri n’est pas seulement une technicienne brillante, c’est une poétesse de la forme.
Je suis sortie de la galerie avec l’impression d’avoir pris une claque visuelle mais aussi une leçon de perspective.
TOP 2 — Galerie Amélie du ChalardavecCharlotte Bovy, Amélie Chassary et Thomas Dhellemmes : La mémoire qui vacille
Ici, changement de rythme. On entre dans un univers plus intime, presque flottant. Tout d’abord, nous avons été surpris par la beauté de la galerie, elle est si belle, si gracieuse et chaque matière est bien pensée.
Les trois artistes (Charlotte Bovy, Amélie Chassary et Thomas Dhellemmes) réunissent tissent une sorte de récit commun, un territoire de souvenirs brouillés où tout semble à la fois familier et étrange. Ils travaillent chacun dans leurs coins mais leurs travaux se répondent, ils font sens les uns avec les autres.. La mémoire familiale est ici au coeur du propos, comme une boîte remplie de photos peut inspirer le travail d’une série..
J’ai adoré cette sensation de marcher dans une mémoire qui se réinvente. Les photographies glissent vers l’abstraction, flirtent avec le rêve, prennent le temps de respirer. Rien n’est là pour expliquer leurs photographies : tout est là pour ressentir.
On ressort pensif/un peu ailleurs, c’est cette sensation exactement comme quand un souvenir nous revient sans prévenir et change, l’air de rien, notre humeur de la journée.
Mon coup de coeur artistique: Charlotte Bovy ❤️
TOP 3 — Galerie Berthet-AittouarèsavecLetizia Battaglia & Franco Zecchin : Chroniques siciliennes
Dans cette expo dans la galerie Berthet-Aittouarès, on arrête de respirer. J’ai rencontré le travail de Letizia Battaglia à Arles cet été et c’était une rencontre tellement marquante que j’étais si contente de revoir son travail.
Battaglia et Zecchin ne racontent pas la Sicile : ils la témoignent. Ils la portent, ils la saignent, ils la révèlent dans toute sa dureté et sa beauté. Les années 80, la mafia, la violence, mais aussi les gamins dans la rue, les couples qui rient, les gestes du quotidien.
Ce qui m’a frappée, c’est le double regard : deux photographes, un même territoire, deux sensibilités qui se répondent sans s’écraser. On passe d’un cliché insoutenable à un moment de tendresse inattendu et on comprend que la photographie peut être un acte de résistance autant qu’un acte d’amour.
J’ai repensé à Arles. J’ai repensé à ma mère émue. Et j’ai pensé que certains artistes arrivent à nous rendre plus lucides… tout en nous rendant plus humains.
TOP 4 — Galerie du Crous de Paris x CNAP avecAilleurs est imminent (Philippe Calia, Victoire Thierrée, Alexandra Dautel et Elliott Verdier)
Quatre artistes (Philippe Calia, Victoire Thierrée, Alexandra Dautel et Elliott Verdier), quatre écritures, une même obsession : traquer les traces. Traces de paysages, de conflits, de récits, de mémoires fissurées.
Leur travail oscille entre documentaire et fiction, avec ce doute délicieux qui nous fait hésiter : est-ce réel ? Est-ce une reconstruction ? Est-ce que ça a de l’importance ?
Ce que j’ai aimé ici, c’est l’impression d’être entraînée dans une enquête — mais une enquête sensible, presque tactile. Les images semblent chargées d’un passé qui refuse de disparaître. Elles parlent du temps, des frontières, des blessures, mais sans lourdeur : avec une finesse qui laisse de l’espace au spectateur.
C’est une exposition qui demande de ralentir. Elle récompense celles et ceux qui prennent le temps de regarder.
Merci à la médiatrice pour ces mots qui ont été tellement précieux pour nous permettre de comprendre et de rentrer dans l’exposition. Cette place dans le TOP 4, lui est 100% dédié.
TOP 5 — Maison d’Auguste ComteavecEmilio Azevedo: Rondônia (comment je suis tombé amoureux d’une ligne)
C’est une des expositions de la soirée, des plus déroutantes. Le photographe, Emilio Azevedo raconte l’Amazonie en remontant des routes tracées au début du XXe siècle. Dit comme ça, on imagine un reportage classique… mais ce n’est pas du tout ce que l’on voit. Son travail navigue entre documentaire et fiction, entre archives et création pure. On doit enquêter pendant l’exposition, qu’est ce qui est une oeuvre ? qu’est ce qui ne l’est pas ?
On sent le poids de l’histoire, la complexité des territoires, la violence coloniale, mais aussi une forme de fascination pour la géométrie du paysage. Une ligne, une route, un tracé : et tout un monde s’enclenche.
Petit coup de coeur pour la scénographie extrêmement intelligente ❤️
L’exposition fait dialoguer ses images avec les archives du Musée du quai Branly, ce qui crée une sorte de tension magnifique entre passé et présent. On ressort en se posant mille questions, mais c’est surement la meilleure preuve que c’était réussi.
Pour conclure…
En quittant Saint-Germain-des-Prés, j’avais cette sensation rare d’être exactement là où je devais être. Dix expositions plus tard, j’étais lessivée mais portée, nourrie mais encore curieuse, habitée par des images qui allaient rester.
Florence Henri m’a emmerveillé avec ses miroirs.
Battaglia et Zecchin m’ont serré le cœur.
Bovy, Chassary et Dhellemmes m’avaient plongée dans la mémoire.
Calia, Thierrée, Dautel et Verdier m’avaient rappelé l’importance de la mémoire familliale
Azevedo m’avait donné envie de relire toute la géographie autrement.
Et au milieu de tout ça, le quartier lui-même — ses lumières, ses rues, ses librairies, ses galeries — avait pris des allures de décor parfait. PhotoSaintGermain m’a laissée avec cette impression précieuse : que la photographie peut transformer une simple soirée en une parenthèse lumineuse, qui continue de briller longtemps après.
Tu veux profiter de l’automne pour découvrir le meilleur de l’art à Paris sans passer des heures à éplucher les programmes ? Ce guide est fait pour toi.
J’ai sélectionné 16 expositions qui vont rythmer la saison — entre grands noms, rétrospectives attendues et découvertes plus confidentielles. Mode, photo, peinture, design : il y en a pour toutes les envies.
👇 Parcours la liste et trouve l’exposition qui fera ton automne culturel.
Paul Poiret, la mode est une fête MAD – Musée des Arts Décoratifs, du 25 juin 2025 au 11 janvier 2026 • Paris 1er
Un voyage dans l’univers flamboyant du couturier qui a révolutionné la mode au début du XXᵉ siècle. Tissus somptueux, silhouettes audacieuses et créativité débordante. → madparis.fr
Otobong Nkanga Musée d’Art moderne de Paris, du 10 octobre 2025 au 22 février 2026 • Paris 16e
Une plongée dans l’œuvre puissante et poétique d’Otobong Nkanga, entre mémoire des territoires, matières brutes et récits intimes. → mam.paris.fr
Agnès Thurnauer Musée Cognacq-Jay, du 2 octobre 2025 au 8 février 2026 • Paris 3e
Peintures et installations qui questionnent le langage, l’histoire et la place des femmes dans l’art. Une exposition aussi subtile que percutante. → museecognacqjay.paris.fr
Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten Grand Palais, du 26 juin 2025 au 4 janvier 2026 • Paris 8e
Un trio mythique réuni : amours, amitiés et explosions créatives. Entre sculptures colorées et machines folles, une énergie communicative. → grandpalais.fr
Les mondes de Colette BnF François-Mitterrand, du 23 septembre 2025 au 18 janvier 2026 • Paris 13e
Une immersion dans l’univers littéraire et intime de Colette, figure libre et moderne, à travers manuscrits, objets et archives inédites. → bnf.fr
Les Nabis et l’estampe BnF Richelieu, du 9 septembre 2025 au 11 janvier 2026 • Paris 2e
L’univers graphique des Nabis revisité à travers leurs estampes. Entre motifs décoratifs et modernité, une redécouverte incontournable. → bnf.fr
Rick Owens, Temple of Love Palais Galliera, du 28 juin 2025 au 4 janvier 2026 • Paris 16e
Mode radicale et univers underground : Rick Owens bouscule les codes et impose sa vision unique. Une exposition manifeste. → palaisgalliera.paris.fr
Soulages, une autre lumière Musée du Luxembourg, du 17 septembre 2025 au 11 janvier 2026 • Paris 6e
Un hommage à Pierre Soulages, maître de l’Outrenoir, avec une relecture de son œuvre autour de la lumière. → museeduluxembourg.fr
Lygia Pape Bourse de Commerce – Pinault Collection, du 10 septembre 2025 au 26 janvier 2026 • Paris 1er
Art brésilien avant-gardiste : une artiste majeure du néo-concrétisme, entre installations, géométries et poésie visuelle. → pinaultcollection.com
Luc Delahaye. Le bruit du monde Jeu de Paume, du 10 octobre 2025 au 4 janvier 2026 • Paris 8e
Photographies monumentales, entre histoire contemporaine et regard documentaire. Luc Delahaye capte l’ampleur et la complexité du monde. → jeudepaume.org
Berthe Weill. Galeriste d’avant-garde Musée de l’Orangerie, du 8 octobre 2025 au 26 janvier 2026 • Paris 1er
Portrait de la femme qui révéla Picasso, Matisse ou Modigliani. Une redécouverte nécessaire de cette pionnière de l’art moderne. → musee-orangerie.fr
Edward Weston & Tyler Mitchell Maison Européenne de la Photographie (MEP), du 15 octobre 2025 au 25 janvier 2026 • Paris 4e
Un dialogue inédit entre un maître de la photographie moderne et l’un des talents émergents les plus suivis de sa génération. → mep-fr.org
John Singer Sargent Musée d’Orsay, jusqu’au 11 janvier 2026 • Paris 7e
Portraitiste virtuose de la Belle Époque, Sargent sublime ses modèles avec élégance et intensité. Une plongée dans l’art du portrait. → musee-orsay.fr
1925-2025. Cent ans d’Art déco MAD – Musée des Arts Décoratifs, du 22 octobre 2025 au 26 avril 2026 • Paris 1er
Un siècle d’Art déco revisité : objets, mobilier, mode et architecture. L’occasion de redécouvrir un style intemporel. → madparis.fr
Amazônia Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, du 30 septembre 2025 au 18 janvier 2026 • Paris 7e
Une immersion sensorielle dans l’Amazonie à travers les images puissantes de Sebastião Salgado. Nature, humanité et urgence écologique. → quaibranly.fr
Marie-Laure de Decker Maison Européenne de la Photographie (MEP), du 4 juin au 28 septembre 2025 • Paris 4e
Photographe de guerre et portraitiste, Marie-Laure de Decker a saisi les visages de son temps avec force et sensibilité. → mep-fr.org
Cette année, j’ai emmené ma mère à Arles avec moi. Mauvaise idée ? Pas du tout. Mais je ne vais pas vous cacher qu’après 40 expositions, nos pieds nous en voulaient officiellement. Nous avons survécu grâce à la beauté des photos, des lieux mais aussi aux fontaines d’eau fraîche, et à une bonne quantité de fou rires.
Comment vous raconter tout cela ? Impossible de tout résumer, je vais donc me concentrer sur mes coups de cœur, les expositions qui m’ont vraiment bouleversée.
Mais commençons par le commencement. Que sont les Rencontres de la Photographie à Arles chaque année ? C’est le plus grand (et à mon avis le plus beau) festival dédié à la photographie, qui transforme Arles en musée à ciel ouvert tout au long de l’été. Avec une soixantaine d’expositions, des projections nocturnes au Théâtre antique et la célèbre « Nuit de l’année », toute la ville vit au rythme des images. C’est un événement incontournable qui allie découvertes, jeunes talents, rétrospectives et rencontres passionnées avec ceux qui font le monde de la photographie aujourd’hui.
En numéro un, sans hésitation, l’exposition d’Agnès Geoffray à la Commanderie Sainte-Luce. Rien que le titre donnait envie d’entrer, comme une promesse de résistance. À l’intérieur, j’ai pris une claque. On marche au milieu de portraits fictionnels et d’archives qui se répondent. Ce n’est pas une expo confortable : les visages, les corps, les gestes semblent nous interpeller. Ce sont ceux de jeunes filles enfermées, « corrigées » parce qu’elles avaient eu l’audace de ne pas rentrer dans le rang.
Geoffray fabrique une mémoire où l’intime devient politique. Ses images, entre poésie et dureté, réveillent une colère sourde. C’est beau, mais pas le beau décoratif qu’on accroche au salon. C’est un beau qui dérange, qui colle à la peau. Je me suis surprise à retenir mon souffle devant certains portraits, comme si ces héroïnes silencieuses me fixaient pour me dire : « Et toi, qu’est-ce que tu ferais à notre place ? »
Letizia Battaglia, la rage et la tendresse
Après cette plongée, ma mère et moi avons filé voir Letizia Battaglia. Changement d’ambiance ? Pas vraiment. Ici aussi, la photographie refuse le confort. Battaglia, c’est la Sicile des années de plomb, la mafia, les morts dans la rue, les enterrements. Mais c’est aussi les enfants qui rient, les femmes qui dansent, la vie qui continue malgré la peur.
J’ai adoré cette tension permanente entre la rage et la tendresse. Battaglia n’est pas une photographe distante, c’est une combattante avec un appareil photo. Ses images font mal, mais elles réparent aussi. J’ai vu ma mère émue, presque en larmes devant certaines photos d’enfants. C’est peut-être ça, la force de Battaglia : rappeler qu’au milieu du chaos, il reste l’humanité.
Lisa Sorgini, la maternité sans filtre
Autre choc, plus intime : l’exposition de Lisa Sorgini. Elle photographie la maternité comme je ne l’avais jamais vue représentée. Pas les clichés sages de la mère épanouie dans une lumière douce, mais le quotidien brut : des enfants qui hurlent, des mères fatiguées, des gestes de tendresse volés entre deux cris.
Ses images m’ont fait rire, parfois grimacer, toujours réfléchir. Parce que derrière, il y a une vraie question : pourquoi est-ce qu’on maquille encore autant la maternité dans l’imaginaire collectif ? Pourquoi faut-il que ça ait l’air lisse, doux, « naturel » ? Chez Sorgini, c’est l’inverse. C’est intense, désordonné, un peu sale parfois, et terriblement vrai.
Louis Stettner, l’humanisme en héritage
Et puis il y a eu Louis Stettner. Une respiration après toutes ces émotions, mais une respiration profonde, qui vous rappelle que la photographie, au fond, est une affaire d’humanisme.
Ses images de New York ou de Paris racontent les travailleurs, les passants, les solitaires. Ce n’est jamais spectaculaire. Ce sont des instants de rien, mais qui, mis bout à bout, forment une grande fresque humaine. Stettner regardait le monde avec douceur, et ça se sent. Dans cette salle, j’ai vu des gens ralentir, prendre le temps de s’attarder sur chaque cliché, comme si chacun voulait prolonger ce moment d’humanité.
À la fin…
En sortant, ma mère et moi avons repassé nos coups de cœur. Elle était émue par Battaglia ; j’étais encore hantée par Geoffray ; toutes deux, nous étions bouleversées par Sorgini et apaisées par Stettner. Et plus nous avancions, plus nous réalisions que ce que nous rapportions d’Arles n’avait rien à voir avec des sacs fourre-tout ou des catalogues : c’était la façon dont les images s’étaient installées en nous, éveillant quelque chose de silencieux et d’intense.
C’est peut-être cela, en fin de compte, la véritable magie des Rencontres : vous laisser repartir les jambes lourdes mais la tête pleine, l’âme bouleversée mais vivante, comme si chaque exposition avait déplacé un petit fragment du monde en vous. Une fatigue heureuse, un chaos lumineux et l’impression très nette d’avoir vu, pensé et ressenti un peu plus que la veille.
Tu aimes l’art, mais tu n’as pas le temps de passer des heures à chercher quoi voir à Paris ? Ce guide est là pour ça.
J’ai sélectionné 15 expositions parmi les plus inspirantes du moment — pas juste les plus médiatisées, mais aussi des pépites plus discrètes, des artistes qui comptent, des lieux qui osent.
👇 Fais défiler, explore, et choisis ta prochaine sortie culturelle.
De la Seine à la Neva Argali Collection, du 25 mai au 8 juin 2025
Une exposition immersive dans un château aux portes de Paris. Entre art contemporain, musique live et dîners aux chandelles, Argali nous fait voyager d’un fleuve à l’autre — entre rêves d’Orient et ambiance de salon littéraire. → argalicollection.com
David Hockney 25 Fondation Louis Vuitton, du 9 avril au 31 août 2025 • Paris 16e
Un hommage à l’un des plus grands artistes britanniques vivants. Couleurs vives, iPad drawings et vues californiennes : un bain de lumière et d’énergie. → fondationlouisvuitton.fr
Artemisia. Héroïne de l’art Musée Jacquemart-André, du 19 mars au 3 août 2025 • Paris 8e
Peintre baroque, pionnière et puissante : Artemisia Gentileschi reprend toute sa place dans l’histoire de l’art. Une exposition engagée et éblouissante. → musee-jacquemart-andre.com
Wes Anderson, l’exposition Cinémathèque française, du 19 mars au 27 juillet 2025 • Paris 12e
Plonge dans l’univers singulier de Wes Anderson : décors, accessoires, archives… Une ode à la symétrie et à la cinéphilie excentrique. → cinematheque.fr
Gabriele Münter. Peindre sans détours Musée d’Art moderne de Paris, du 4 avril au 24 août 2025 • Paris 16e
Tellement décrite comme l’artiste du Blaue Reiter et compagne de Kandinsky, mais bien elle est tellement plus que ça. Une peinture expressive et libre, à (re)découvrir absolument. → mam.paris.fr
Dans le flou. Une autre vision de l’art, de 1945 à nos jours Musée de l’Orangerie, jusqu’au 18 août 2024 • Paris 1er
Des images troubles, mouvantes, poétiques : cette expo brouille les pistes et ouvre de nouvelles perceptions sur l’après-guerre. → musee-orangerie.fr
Christian Krohg. Le peuple du Nord Musée d’Orsay, du 24 mars au 27 juillet 2025 • Paris 7e
Réalisme scandinave et humanisme pictural. Un peintre méconnu à la lumière froide, mais bouleversante. → musee-orsay.fr
Corps et âmes Bourse de Commerce, du 5 mars au 25 août 2025 • Paris 1er
Les métamorphoses du corps chez des artistes contemporains internationaux. Un voyage charnel et spirituel. → pinaultcollection.com
Tous Léger ! Musée du Luxembourg, du 19 mars au 20 juillet 2025 • Paris 6e
Une réunion explosive autour de Fernand Léger : Saint Phalle, Klein, Raysse, Haring… Une véritable fête visuelle. → museeduluxembourg.fr
Robert Doisneau – Instants donnés Musée Maillol, du 17 avril au 12 octobre 2025 • Paris 7e
Une nouvelle plongée dans les clichés poétiques et humanistes du photographe préféré des Parisiens. → museemaillol.com
Banlieues Chéries Palais de la Porte Dorée, du 11 avril au 17 août 2025 • Paris 12e
Une cartographie sensible de la création en banlieue. Art, engagement et territoires oubliés. → palais-portedoree.fr
Tarō Okamoto. Un Japon réinventé Musée du quai Branly, du 15 avril au 7 septembre 2025 • Paris 7e
Avant-gardiste, radical, coloré : Okamoto casse les codes de la tradition japonaise avec une fureur joyeuse. → quaibranly.fr
Matisse et Marguerite. Le regard d’un père MAM Paris, du 4 avril au 24 août 2025 • Paris 16e
Une expo intime sur le lien entre l’artiste et sa fille. Récit familial, regard croisé, et tendresse peinte. → mam.paris.fr
Eugène Boudin. Le père de l’impressionnisme Musée Marmottan Monet, du 9 avril au 31 août 2025 • Paris 16e
Avant Monet, il y avait Boudin. Un hommage à celui qui a ouvert la voie à l’air libre et à la lumière normande. → marmottan.fr
Maximilien Luce. L’instinct du paysage Musée de Montmartre, du 21 mars au 14 septembre 2025 • Paris 18e
Un peintre post-impressionniste au regard instinctif et aux couleurs vibrantes. Paris, la campagne, la révolte. → museedemontmartre.fr
Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là Musée Carnavalet, du 9 avril au 24 août 2025 • Paris 3e
Une balade dans Paris avec Varda, ses images et ses mots. Poésie, mémoire et engagement féminin. → carnavalet.paris.fr