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  • 8 détails de l’exposition: Minimal à la Bourse de Commerce

    8 détails de l’exposition: Minimal à la Bourse de Commerce

    Mais alors… quel est mon véritable avis sur l’exposition Minimal à la Bourse de Commerce ?

    J’ai adoré. Vraiment. Et en grande partie grâce au regard et à la vision de Jessica Morgan, la commissaire d’exposition.

    Si tu ne connais ni le lieu ni l’exposition, imagine un espace immense, presque un ovni de l’architecture avec le mur de Tadao Ando, qui te pousse forcement à ralentir. Et l’exposition est superbe pour ça.

    On est loin du minimal froid ou élitiste qu’on imagine parfois. Ici, le minimal est multiple, sensible, presque généreux.

    Certaines œuvres t’attrapent immédiatement, d’autres demandent plus de temps ou même d’accepter que ces oeuvres n’auront pas ton énergie aujourd’hui. Mes artistes coup de coeur de l’expo: Lygia Pape, Meg Webster, Agnes Martin, Eva Hesse et Félix González-Torres! Prenons les bases ?

    Cette expo part d’un mouvement: LE MINIMALISTE. C’est quoi ?
    Le mouvement minimaliste est souvent résumé à des formes simples, des couleurs neutres, quelque chose de froid ou de silencieux. C’est comme d’habitude dans l’histoire de l’art un mouvement assez fermé où de nombreux hommes blancs en sont les stars.

    À la Bourse de Commerce, l’exposition Minimal montre à quel point ce mouvement est + riche et multiple que les artistes qui compose le mouvement minimaliste. Ici, le minimal n’est pas figé dans une esthétique unique. Il dialogue avec la lumière, l’espace, le corps du visiteur.

    Grâce au commissariat de Jessica Morgan, l’exposition élargit le regard porté sur le minimalisme. On y découvre une diversité de voix, de sensibilités et surtout une place importante accordée aux artistes femmes, trop souvent absentes de ces grands récits.

    Cette approche rend le parcours plus vivant, plus juste, et tellement plus intéressant. Et vous, le minimal, ça vous touche ? (Et oui il n’y a pas 8 détails mais 12 mais j’ai essayé de rester minimal dans mon titre 🫶🏻)

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    Crédits de toutes les photos: Flavie de Puybaudet


    Informations pratiques

    Minimal
    à la Bourse de Commerce
    Jusqu’au 19 janvier 2026
    Gratuit pour les moins de 26 ans après 16h

  • Amazonia au Quai Branly : une exposition trop ambitieuse ?

    Amazonia au Quai Branly : une exposition trop ambitieuse ?

    Peut-on encore représenter l’Amazonie sans la figer dans des clichés ?

    C’est la question centrale que pose Amazonia, l’exposition actuellement présentée au musée du Quai Branly à Paris. Entre collections historiques et œuvres contemporaines, le parcours propose une vision plurielle de l’Amazonie, racontée depuis des points de vue autochtones. Une exposition dense, parfois déroutante, mais qui ne laisse clairement pas indifférent.

    Un parcours foisonnant, à explorer librement

    Dès l’entrée, l’exposition impressionne par son ampleur. Longue, riche et très dense, Amazonia rassemble une grande variété d’objets : pièces anciennes, créations contemporaines, photographies, installations. L’ensemble peut parfois donner l’impression d’un bric-à-brac, mais cette abondance fait aussi partie de l’expérience.

    Ici, la visite ne se veut pas linéaire. On n’adhère pas à tout, on ne s’attarde pas sur chaque cartel, mais on avance comme lors d’une promenade. On observe, on sélectionne, on retient ce qui résonne avec notre propre sensibilité. Une liberté de lecture qui rend l’exposition accessible, mais aussi profondément subjective.

    Une scénographie immersive et marquante

    Le début du parcours s’impose comme l’un des moments les plus réussis de l’exposition. Les coiffes, les objets minutieusement fabriqués, la richesse des matières et des formes captivent immédiatement. La scénographie, particulièrement soignée, joue un rôle essentiel : elle enveloppe le visiteur dans une atmosphère presque sensorielle.

    Entre évocations de la forêt et des rivières, le décor invite à déambuler d’espace en espace, créant un lien fort entre les œuvres et leur environnement. Cette immersion visuelle et spatiale permet de ressentir, plus que de simplement observer.

    Un dialogue parfois fragile entre art contemporain et collections historiques

    Si l’ambition curatoriale est claire, le dialogue entre œuvres contemporaines et collections historiques ne convainc pas toujours. Certaines œuvres contemporaines semblent rompre le fil du parcours et peuvent désorienter le visiteur. Certaines photographies ou installations divisent, et toutes ne trouvent pas leur place avec la même évidence.

    Mais cette friction fait aussi partie du propos. Amazonia ne cherche pas l’unanimité. Elle prend le risque de confronter des regards, d’introduire des ruptures, quitte à provoquer des réactions contrastées: fascination, incompréhension, parfois même pour nous rejet.

    Une expérience imparfaite mais nécessaire

    Amazonia est une exposition qui surprend, qui divise, qui dérange parfois. On y trouve des moments forts, d’autres plus faibles, mais elle oblige à se positionner. Et c’est précisément ce qui fait sa force.

    Imparfaite, mais nécessaire, Amazonia ne cherche pas à séduire à tout prix. Elle invite à questionner, à remettre en cause nos représentations et à accepter la complexité. Une exposition qui, qu’on l’aime ou non, ne laisse pas indifférent.

    Et vous, quel a été votre ressenti face à l’exposition ?

    Crédits de toutes les photos: Flavie de Puybaudet


    Informations pratiques

    Amazonia
    au Musée du Quai Branly – Paris
    Jusqu’au 18 janvier 2026
    Gratuit pour les moins de 26 ans

  • Exposition trop commerciale? Le mystère Cléopâtre

    Exposition trop commerciale? Le mystère Cléopâtre

    Cléopâtre fait partie de ces figures que l’on croit connaître avant même de les avoir vraiment rencontrées. Son nom convoque aussitôt des images bien précises : luxe, séduction, glamour, exotisme. Un imaginaire collectif saturé de clichés, nourri par le cinéma, la publicité et la culture populaire. Alors, lorsqu’une exposition lui est consacrée, la question se pose presque naturellement : s’agit-il d’un projet culturel sérieux ou d’une énième exploitation commerciale d’un mythe rentable ?

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    C’est avec cette méfiance que j’ai abordé l’exposition Cléopâtre. Je l’avais déjà visitée une première fois en août, dans de mauvaises conditions. Pressée, fatiguée, peu disponible, j’en étais ressortie sans réel avis, ni véritable émotion. Cette seconde visite, faite avec la team Rencart, Malo et ma petite sœur, m’a permis de regarder l’exposition autrement, avec plus de temps, plus d’attention, et surtout plus de recul.

    Et très vite, une surprise. Loin de l’exposition spectaculaire et superficielle que je redoutais, le parcours propose un regard nuancé et intelligent. Oui, Cléopâtre est une figure populaire. Oui, elle a été surexploitée. Mais ici, l’exposition ne s’arrête pas à l’image. Elle la questionne.

    La première partie s’ancre volontairement dans l’histoire. À partir de sources rares mais précieuses, pièces de monnaie, papyrus, traces archéologiques, l’exposition redonne une existence tangible à Cléopâtre VII Philopator. On y découvre une femme politique avant d’être un mythe. Dernière souveraine de la dynastie ptolémaïque, elle gouverne un royaume sous tension, entre indépendance fragile et domination romaine. Fine stratège, elle mène des réformes, assure la stabilité économique et maintient la paix pendant près de vingt ans. Une cheffe d’État à part entière, loin de l’image réductrice de la reine séductrice.

    Puis vient le basculement. La défaite d’Actium, le suicide de Cléopâtre, et surtout la naissance de la légende. Les auteurs romains, dans un contexte de propagande politique, façonnent une image volontairement dégradante de la reine. Femme dangereuse, étrangère, manipulatrice. Une figure qui cristallise les peurs d’un pouvoir romain profondément misogyne. Cette vision biaisée s’impose durablement et traverse les siècles.

    C’est sans doute dans sa deuxième partie que l’exposition devient la plus intéressante. Là où l’on pourrait craindre une surenchère visuelle ou un excès de références pop, le propos reste maîtrisé. Le cinéma, l’art, la mode et la publicité sont convoqués non pour glorifier le mythe, mais pour montrer comment il s’est construit, transformé, déformé. De Liz Taylor aux affiches contemporaines, Cléopâtre devient un produit culturel, une image consommable, parfois vidée de sa substance historique.

    Mais l’exposition ne s’arrête pas à ce constat. Elle montre aussi comment Cléopâtre a été réappropriée. Figure de résistance en Égypte, icône d’émancipation pour les mouvements féministes, symbole de puissance pour certaines luttes identitaires, elle continue d’être relue à l’aune des combats contemporains. Cléopâtre devient alors un miroir. De nos fantasmes, mais aussi de nos aspirations.

    Alors, exposition trop commerciale ?
    La réponse n’est pas si simple. Oui, Cléopâtre est une figure populaire. Oui, son nom attire. Mais cette exposition a le mérite de ne pas s’en contenter. Elle utilise cette attractivité comme un point d’entrée, pour mieux déconstruire, contextualiser et questionner notre rapport aux figures féminines de pouvoir.

    Ce que l’on retient, en sortant, ce n’est pas seulement une image, mais une réflexion. Sur l’histoire, sur la fabrication des mythes, et sur la manière dont certaines femmes continuent, encore aujourd’hui, à être réduites à des clichés.

    Et c’est précisément là que réside la réussite de cette exposition. Elle ne cherche pas à résoudre le mystère de Cléopâtre. Elle nous invite à l’interroger.